Après le décès d’un influenceur, que deviennent ses contenus?

Après le décès d’un influenceur, que deviennent ses contenus?

Social media. Avec l’approche d’Halloween, on vous propose aujourd’hui un sujet des plus joyeux: la mort numérique. Vous ne vous êtes jamais demandé ce qu’il adviendrait de vos contenus sur vos réseaux sociaux, une fois que vous ne serez plus de ce monde? En tant que créateur de contenu, comment vos proches peuvent-ils gérer votre départ brutal auprès des entreprises avec qui vous êtes encore sous contrat?

En juin dernier, le TikTokeur américain Cooper Noriega a été retrouvé mort. Aujourd’hui encore, son compte reste actif. Sa famille a-t-elle décidé de laisser ses contenus vivre éternellement? Vous le voyez, de nombreuses questions se posent. Alors, pour trouver des réponses à l’ensemble de ces interrogations, nous nous sommes entretenu avec Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité pour ESET France.

L’influenceur doit penser comme un chef d’entreprise

Anticiper son décès, ce n’est pas un sujet des plus funs, et pourtant, quand l’activité joue sur l’image, il est bon d’y penser. Pour le spécialiste, les créateurs de contenu doivent s’organiser pour que le jour où ils ne sont plus là, tout soit clair pour leur famille. « L’influenceur n’est pas un simple particulier. Il est important de contractualiser les choses, de mettre par écrit ce que l’on souhaite, un peu comme si l’on écrivait ses dernières volontés. » Être clair va également permettre de savoir qui va reprendre la main sur le compte: est-ce la famille ou l’agence chez qui l’influenceur évolue en exclusivité? Le créateur a la possibilité de désigner un tiers de confiance extérieur à la famille pour reprendre les réseaux sociaux et réaliser ses dernières volontés à ce sujet.

Si cette problématique n’est pas évoquée en amont, quelles peuvent être les conséquences? « Que quelqu’un puisse continuer d’exploiter le compte à votre insu et toucher une monétisation. On peut aussi imaginer qu’un escroc récupère un compte à partir du moment ou le créateur est décédé et continue de l’utiliser. Ça me semble important de prévoir cette situation », indique Benoit Grunemwald. Autre souci: la démarche de contacter les réseaux sociaux peut être plus longue et plus désagréable si rien n’est précisé à l’avance. « On demande souvent des preuves de filiation et des preuves de certificat de décès. Ces éléments sont transmis à la plateforme. Ça peut être parfois un peu délicat de gérer cette situation, donc autant avoir tout préparer en amont pour que ça soit un peu moins douloureux », poursuit-il.

Que proposent les réseaux sociaux après le décès d’un influenceur

Pour accompagner les familles et/ou les tiers de confiance, les réseaux sociaux ont déjà réfléchi à la question de la mort numérique. « Majoritairement, les réseaux sociaux ont en place des politiques qui permettent à un tiers d’agir sur le compte », précise l’expert. Au sein du groupe Meta (Facebook et Instagram), il est possible de passer le compte en mode « hommage ». « Vous décidez ensuite si le profil est supprimé ou s’il reste en mode lecture seul, pour éviter que quelqu’un vienne s’en accaparer », poursuit-il. Par exemple, le compte de Mavachou continue d’être actif sans qu’aucun post ou stories ne soit publié. Il reste toujours possible pour tout le monde de publier des commentaires. Sous le dernier post de la créatrice de contenu, sa communauté a pris l’habitude d’écrire des « tu me manques » assez régulièrement.

Du côté de Google et donc de YouTube, l’option « compte inactif » est proposée. Les plateformes, après un certain moment d’inactivité, vont supprimer les données stockées. « Le Gestionnaire de compte inactif vous permet de spécifier les coordonnées d’une personne à prévenir au cas où votre compte ne serait plus actif depuis un certain temps, et de partager avec elle une partie des données de ce dernier », précise Google dans un post de blog.

Les options sont différentes des plateformes à une autre, mais dans la quasi totalité des cas, les réseaux sociaux ont opté pour un processus bien défini pour supprimer ou mettre en privé les contenus publiés par un créateur de contenu et tout autre utilisateur. Certains sont encore un peu à la traîne à ce sujet. « Pour TikTok, ce n’est pas encore un process très clair, comme pour Twitter », précise Benoit Grunemwald.

Généralement, ce type d’opérations est assez rapide. Elles peuvent mettre plusieurs jours si le dossier est compliqué ou s’il manque des éléments.

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