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La France devrait-elle aussi se méfier de TikTok?

TikTok. Depuis cet été, l’avenir de TikTok aux États-Unis reste incertain. Au début du mois d’août, Donald Trump a signé un décret visant à forcer ByteDance à vendre la plateforme à une entreprise américaine. À ce jour, aucun accord n’a encore été trouvé. La raison de tout cela? L’administration Trump suspecte le réseau social d’être une menace pour la sécurité nationale.

Quelques mois plus tôt, c’est en Inde que TikTok a rencontré les mêmes problèmes. Le pays soupçonne l’application d’enregistrer des données sur les utilisateurs sans les en informer. Au Royaume-Uni, une enquête a été lancée pour savoir si oui ou non il fallait s’en méfier. En France pour le moment, rien n’a été créé. Faut-il oui ou non avoir peur de TikTok? Quelles sont les données enregistrées par l’application? Pour y voir plus clair, nous avons posé la question à Arnold Zephir, co-fondateur de l’entreprise Prevision.io spécialisée dans le Big Data et l’intelligence artificielle.

Quelles sont les données collectées par TikTok ?

On pourrait classer les données collectées par TikTok en 3 grandes catégories, comme toutes les applications:

  • Les données nécessaires à son fonctionnement, comme l’heure d’enregistrement des vidéos, le nombre de vidéos réalisées, le nombre de « likes »…
  • Des données dont l’application demande explicitement l’accès, qu’on accepte généralement sans réfléchir, comme le carnet de contact ou la géolocalisation de l’utilisateur mais dont on peut se demander l’intérêt pour l’application proprement dite.
  • Enfin, des données qui ne font pas l’objet d’une approbation explicite comme les textes contenus dans notre presse papier ou la liste des autres applications installées ou le type de Smartphone.

Au final, TikTok se retrouve à avoir accès à énormément d’informations sur nous via le contenu de notre smartphone sans que l’utilisateur ne soit explicitement informé. 

À quoi servent ces données?

Encore une fois on peut distinguer 3 usages:

  • Évidemment, certaines données sont en relation directe avec le type de l’application. Il paraît normal que TikTok accède à nos vidéos par exemple, afin de pouvoir les partager puisque c’est le but initial de l’application.
  • En deuxième lieu, il y a les données qui ne sont pas directement liées à la fonctionnalité mais qui ont un intérêt pour le fonctionnement de l’application. Par exemple, on peut comprendre que le type de smartphone de l’utilisateur soit remonté à des fins de deboggage ou que le carnet d’adresses serve à profiter d’un effet viral pour proposer TikTok au contact de l’utilisateur.
  • Enfin, il y a les données dont on peut légitimement supposer qu’elles servent à effectuer une sorte de profilage, quel qu’en soit l’objectif, comme le contenu des messages ou la géolocalisation, dont on voit mal l’intérêt pour le fonctionnement de l’application. 

Comment un utilisateur peut-il faire attention aux données qu’il partage?

Dans le cas précis de TikTok, l’application cumule malheureusement 2 critères qui autorisent à être suspicieux:

  • Elle collecte plus de données que ce qui est nécessaire à son strict fonctionnement, ce qui est déjà un signal d’alarme important.
  • Elle est développée par une entreprise sous juridiction d’un pays très peu protecteur sur la confidentialité des données.

Ces 2 critères devraient normalement inciter les utilisateurs à réfléchir au compromis qu’ils veulent atteindre entre protection de leur vie privée et loisir. La solution la plus raisonnable est sans doute de ne pas installer l’application. Une autre solution plus accessible peut être de l’installer sur un téléphone dédié dans lequel on ne laisse aucune trace personnelle.

À la manière des téléphones professionnels, qui cloisonnent vie pro et vie perso, on pourrait imaginer des appareils dédiés à notre vie sur les réseaux sociaux et qui limiterait la fuite d’informations personnelles. 

Pourquoi cette collecte de données de TikTok inquiète-t-elle certains gouvernements comme les États-Unis et les UK?

En premier lieu il y a bien sûr la protection de ses citoyens. À partir du moment où un pays, comme les États-unis ou le Royaume Uni, met en place certaines lois sur son sol, il est normal qu’il s’inquiète que ses citoyens se soumettent à d’autres.

En deuxième lieu, et de manière non négligeable, il peut aussi y avoir un risque souverain qui s’apparenterait à de l’espionnage par une puissance étrangère.

Si vous disposez d’un vaste échantillon de données sur les citoyens d’un pays, comme leurs déplacements quotidiens ou les applications qu’ils utilisent, vous pouvez en apprendre beaucoup sur ce pays grâce aux techniques d’intelligences artificielles: santé économique, santé tout court, lieu et moment de loisirs, etc…

Cela paraît raisonnable de la part d’un pays d’être vigilant quand une application qui n’héberge pas les données sur son sol, et tombe donc hors de sa juridiction, est massivement utilisée par ses citoyens.

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