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Pour l’ARPP, les influenceurs ne doivent pas avoir honte de leur partenariat

Collaboration. Il y a quelques jours, les internautes ont été scandalisés. Tibo InShape, Sundy Jules et Enzo Tais-toi ont fait la promotion du service national universel, le SNU. Le premier a été envoyé en Guadeloupe pour participer aux activités. Les seconds ont simplement partagés une storie sur Instagram.

« A vrai dire, on fait partie d’une société qui nous donne énormément pour nous, donc maintenant c’est à nous de donner en retour en incarnant les valeurs du pays comme il le faut », explique Enzo. « T’as plein d’activités, t’apprends énormément de choses », argumente Sundy Jules. Des messages qui ont été vus comme de la « propagande » par certains. Cette mise en avant a été organisée par l’agence parisienne Foll-ow contactée par le gouvernement.

Aucun des trois créateurs de contenu n’a spécifié qu’il s’agissait d’un partenariat. Pourtant, c’était le cas. Le secrétariat d’Etat de Gabriel Attal a confirmé à l’AFP avoir eu recours à «3-4 jeunes qui ont une réelle influence» sur les réseaux sociaux. Une pratique de communication déjà utilisée auparavant par d’autres ministres. «Comme Jean-Michel Blanquer l’a déjà fait pour la réforme du baccalauréat ou Muriel Pénicaud pour la réforme de l’apprentissage, on a fait appel à des influenceurs sur les réseaux sociaux. Ce sont des partenariats rémunérés, c’est la même chose que d’acheter de l’espace dans un journal», détaille-t-il.

Toute collaboration doit être mentionnée

En France, doit-on spécifier lorsqu’il s’agit d’une collaboration rémunérée? Contacté par Les Gens d’Internet, Stéphane Martin, directeur général de l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP), rappelle qu’il est obligatoire en France de mentionner une communication lorsqu’elle est rémunérée. « L’article 20 de la loi économie numérique de 2004 impose la bonne identification d’une publicité. L’idée étant d’établir un lien de loyauté déjà mis en place par les professionnels de la communication depuis longtemps », fait-il savoir.

Cette collaboration avec le SNU aurait dû être explicitement mentionnée sous les contenus postés par les influenceurs. « Le marché est encore jeune, chaque intervenant doit se rappeler de ne pas avoir peur. Les récepteurs sont intelligents, il ne faut pas avoir honte d’assumer ses partenariats », renchérit Stéphane Martin. Sélectionner les collaborations et en accepter certaines fait partie du métier du créateur de contenu. En 2019, tout le monde l’a bien compris.

En mai dernier, l’ARPP avec l’aide de plusieurs acteurs du marketing d’influence avaient publié l’Observatoire « Marketing d’influence: les bonnes pratiques ». L’objectif était de mettre au clair les règles pour les influenceurs et leurs managers lorsqu’ils travaillent avec une marque. L’agence Foll-ow n’en faisait pas partie. « Nous la contacterons pour lui rappeler à l’avenir qu’il y a des règles assez simples à suivre: l’existence d’une collaboration avec un annonceur doit être portée à l’attention du public », conclut Stéphane Martin.

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