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Derrière le procès Emma CakeCup se cache une bataille plus grande pour Anthony Valerio

YouTube. Le procès d’Emma CakeCup est loin d’être une simple querelle entre influenceurs. Pour rappel, la YouTubeuse a intenté un procès contre deux créateurs de contenu, Anthony Valerio et Diaring Tia, pour diffamation. Ils avaient tous les deux consacré une vidéo aux arnaques via des sites de dropshipping (produit acheté quelques euros sur des sites chinois et revendu plus cher ailleurs) dans lesquelles ils citaient l’influenceuse et son copain, Vlad Oltean. Les informations étaient sourcées et provenaient des sites d’information comme BFM TV.

L’audience de consignation s’est tenue le vendredi 5 avril. Le procès aura lieu quant à lui en septembre 2020. Mais pour Anthony Valerio, cet événement est loin d’être simplement une embrouille entre YouTubeurs. « C’est bien plus grand », explique-t-il dans une interview accordée à Les Gens d’Internet.

Les réseaux sociaux, ces nouveaux médias

Pour l’Instagrameur, ce procès va lui permettre de faire entendre sa voix et de demander à ce que le métier d’influenceur, plus précisément la publicité sur les réseaux sociaux, soit mieux régulé. L’ARRP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) a déjà partagé ses règles de bonne conduite quant à la publication d’un contenu sponsorisé sur les plateformes de ce type mais l’organisme devrait aller encore un peu plus loin selon lui. « Il y a un gros travail à faire au niveau de la publicité greffée aux influenceurs. L’ARPP doit s’améliorer, doit se concentrer davantage sur ce qui est lié aux réseaux sociaux », nous explique-t-il.

Encore aujourd’hui, de nombreux influenceurs disent ne pas être au courant de la loi. Pourtant, une grande majorité des partenariats noués avec des marques sont directement réalisés via des agences qui envoient alors un brief au créateur de contenu pour lui expliquer la marche à suivre.

Anthony Valerio s’étonne de ce type de commentaire. « Pour moi la publicité que ce soit sur le papier, à la TV, à la radio, ce sont les mêmes normes. Si à la TV, il y a marqué « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé », sur Instagram ça doit être écrit ». Il compare les comptes d’influenceurs sur les réseaux sociaux à de véritables médias qui doivent, au vu de leur communauté grandissante, se plier aux même règles que certaines entreprises. « On devient un média à part entière. On est un média, ce n’est pas un compte privé et en tant que média on doit contrôler la publicité et les annonceurs », détaille-t-il avant de poursuivre, « il y a une énorme transparence qui est manquante sur les réseaux sociaux à l’heure actuelle ». Pourtant les créateurs de contenu restent libre d’accepter ou pas les collaborations mais ils sont dans l’obligation d’en avertir leur public.

« Ca n’est pas assez régulé »

Il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes suivent les faits et gestes de leur influenceur préféré en ne remettant jamais en question leur parole. Le créateur de contenu doit transmettre des valeurs qui lui sont propres. Gare à lui si sa communauté se rend compte qu’il est allé trop loin…

En effet, ses propres abonnés ou simplement d’autres utilisateurs des réseaux sociaux peuvent signaler un contenu directement à l’ARPP s’ils jugent que l’influenceur n’a pas été assez transparent. Il y a quelques mois, le nageur Camille Lacourt postait une image avec sa fille tenant dans sa main un paquet de Lu très bien mis en avant. Aucune mention de publicité n’était affichée nulle part, laissant tout le monde dans le flou total. Pareil pour Mcfly, de la chaine YouTube Mcfly & Carlito, qui avait écrit une série de tweet sur un nouveau site créé par Kenzo à l’occasion de la sortie du nouveau parfum. Aucune mention ne faisait référence à un partenariat, alors qu’il s’agissait bien d’une collaboration rémunérée. A la suite de plaintes de consommateurs, les deux marques ont reçu une mise en garde de l’ARPP. Anthony Valerio conclut que « tout ça n’est pas encore assez régulé » même si « ça commence un peu ».

Et la liberté d’expression?

A côté du manque de régulation de la publicité sur les réseaux sociaux, l’Instagrameur souhaite aller au bout de ce procès unique en France pour une autre bonne raison: celle de la liberté d’expression. Il maintient la même histoire depuis le début, il n’a fait que reprendre un article de presse, le commenter et les commentaires reçus sous sa vidéo  ne sont ni les siens ni remplis de haine. Sa vidéo ne porte pas préjudice à Emma, il explique ce qu’il pense de l’affaire avec ses mots.

Dans une vidéo publiée sur la chaîne d’Esteban Munoz, Anthony Valerio détaille que « l’enjeu [de ce procès] est notre liberté d’expression […] parce qu’on est encore libre de s’exprimer ». Le YouTubeur lyonnais ne va rien lâcher, « j’irai au bout » conclut-il dans cette même vidéo.

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