La suspension de l’aide CNC Talents inquiète les professionnels de la Creator Economy
Influence marketing. Le 8 avril 2026, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a annoncé suspendre son fonds d’aide à la création de contenu sur les plateformes sociale. Cette décision a été prise dans un contexte particulièrement tendu, après plusieurs semaines de cyberharcèlement visant les membres du CNC et une créatrice. Cette situation fait suite aux propos de la streameuse Ultia. En direct, elle a affirmé ne voterait pas pour des projets « proposés délibérément par quelqu’un d’extrême droite ». Au contraire, elle a expliqué vouloir encourager les projets proposés par ses amis, si elle les trouve « pertinents ». Très vite, la situation a pris une ampleur impressionnante, notamment sur les réseaux sociaux.
Derrière cette polémique, c’est tout un dispositif qui se retrouve à l’arrêt, avec de nombreux projets de créateurs qui ne verront peut-être jamais le jour. Depuis, les prises de paroles se multiplient et plusieurs professionnels de la Creator Economy dévoilent leurs inquiétudes sur cette suspension.
Les professionnels de la Creator Economy réagissent à la suspension du fonds d’aide à la création de contenu du CNC
Ces derniers jours, les agents du CNC et Ultia sont la cible d’une vague de cyberharcèlement à la suite de la polémique autour du fonds d’aide à la création de contenu sur les réseaux sociaux. Des créateurs, comme Regelegorila affirment que la streameuse a « cassé le CNC ». Sur LinkedIn, Marie Camier Théron, présidente de l’agence Ume Agency, a réagi en dénonçant la manière dont l’affaire est présentée. « Non, Ultia n’a pas “cassé le CNC” », affirme-t-elle, avant de rectifier: « Il n’y a pas “d’affaire Ultia”, il y a une “affaire CNC vs extrême-droite” ». Elle évoque un « harcèlement d’une violence inégalée » subi par les équipes du CNC, et pointe du doigt des attaques plus larges contre le secteur culturel. Elle rappelle surtout l’utilité concrète du dispositif. Depuis 2017, elle explique avoir accompagné 32 créateurs dans leurs dossiers CNC Talent, dont la moitié ont été financés. « Ces quelques 320.000€ […] ont permis à des créateurs et créatrices précaires et/ou queer de créer des œuvres différentes, dans un espace où ils n’avaient aucune chance de bénéficier d’un quelconque « copinage » », précise-t-elle.
Le 14 avril, un collectif réunissant une centaine de professionnels de l’audiovisuel, comme la Scam a pris la parole dans une tribune. Celle-ci est notamment adressée à Catherine Pégard, ministre de la Culture et a été publiée dans le média Libération. Baptisé « Collectif du 11 avril », ils partagent leurs inquiétudes face à la suspension de cette aide. « La suppression de ce fond ne saurait en aucun cas constituer une réponse adaptée », peut-on lire. Ils alertent également sur une décision qui s’inscrit, selon eux, dans une série d’attaques plus larges contre les financements publics de la culture.
Du côté des créateurs, certains partagent leur sentiment d’injustice. Sur X, Le Prophète Eli évoque sa frustration face à la situation, qu’il vit comme une « punition ». Dans sa publication, il insiste sur les conséquences des propos de la streameuse Ultia: « Mon projet, comme celui de nombreux autres créateurs, ne verra probablement jamais le jour ». Pour lui, comme pour d’autres, cette suspension revient à pénaliser directement les créateurs indépendants, en particulier les plus petits. Une chose est sûre, la suspension du fonds d’aide à la création de contenu sur les réseaux sociaux inquiète car elle fragilise un écosystème déjà précaire. Beaucoup craignent que ce soient encore une fois les créateurs les plus vulnérables qui en paient le prix.
Suite aux propos de @ultiaa qui a reconnu en direct des futurs décisions de financement entachées de partialité, le CNC a été suspendu en raison d’un manque de neutralité du jury.
Résultat : mon projet, comme celui de nombreux autres créateurs, ne verra probablement jamais le… pic.twitter.com/j6bXcL0e8l
— Eli II 🏴☠️ (@LePropheteEli) April 10, 2026

