En Australie, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans fait réagir
Social media. En cette fin d’année, de nombreux pays se penchent sur la possible interdiction des réseaux sociaux à un certain âge. En France, Emmanuel Macron à promis d’interdire les plateformes aux moins de 15 ou 16 ans avant la fin de son mandat. Il compte déposer une proposition de loi dès janvier. Du côté de l’Union européenne, le Parlement européen demande d’interdire les réseaux sociaux et les plateformes d’IA générative aux moins de 16 ans.
De l’autre côté de la planète, l’Australie a tranché. Depuis le 10 décembre, les réseaux sociaux sont interdits aux moins de 16 ans. Les plateformes concernées ont l’obligation de bannir les comptes des mineurs en dessous de l’âge autorisé et de vérifier l’âge des nouveaux utilisateurs. Même s’ils ne sont pas d’accord, les réseaux sociaux ont promis de se conformer à cette nouvelle législation. Pourtant, celle-ci fait grandement réagir les utilisateurs, les créateurs de contenu, et même certaines plateformes.
« Les adolescents sont en train de perdre un moyen vital de communication », explique une jeune TikTokeuse
Sur les réseaux sociaux, plusieurs jeunes utilisateurs partagent leur point de vue sur leur bannissement des réseaux sociaux. « Les adolescents sont en train de perdre un moyen vital de communication », assure Zoey, une créatrice de contenu âgée de 14 ans. Elle vit en Australie, et possède 58.000 abonnés sur le profil TikTok qu’elle alimente avec son père. « Vous nous retirez le moyen de communiquer avec nos amis, d’être connecté au monde et vous nous arrachez notre moyen d’expression créative », s’insurge-t-elle. Pour l’instant, elle continue de publier des vidéos seule, ou avec son père. Une question se pose alors: comment garantir le respect de la loi pour des comptes familiaux, tenus par des adultes?
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La Empire Family, une chaîne YouTube familiale avec près de 2 millions d’abonnés a récemment quitté l’Australie pour vivre à Londres, notamment à cause de la nouvelle loi. « Que pensez-vous du bannissement des réseaux sociaux en Australie pour les moins de 16 ans? Charli a 14 ans, mais nous allons vivre à Londres. Pour être complètement honnête avec vous, c’est aussi pour cette raison que nous déménagons », affirme la mère de l’adolescente.
Les utilisateurs ont eux aussi du mal à s’y faire. En amont de l’interdiction, certains ont affirmé à la BBC qu’ils se sont créés de nouveaux comptes avec un âge au-dessus de l’interdiction pour continuer d’utiliser les réseaux sociaux. Sur TikTok, on retrouve des dizaines de vidéos d’enfants en train de constater leur bannissement de leur plateforme favorite. Une pétition a d’ailleurs été lancée pour abaisser l’âge autorisé à 13 ans, et elle a recueilli plus de 40.000 signatures.
Reddit porte plainte contre la loi australienne
Du côté des plateformes, la plupart se plient à la règle, pour ne pas risquer l’amende qui peut s’élever jusqu’à 28 millions d’euros. Mais toutes ne sont pas d’accord. Le 12 décembre, le réseau social Reddit a annoncé le lancement d’une procédure judiciaire contre la loi qui interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Dans sa plainte, Reddit demande à être retiré de la liste gouvernementale des plateformes interdites. « Bien que nous soyons d’accord sur l’importance de protéger les personnes de moins de 16 ans, cette loi a pour effet malheureux d’imposer des processus de vérification intrusifs et potentiellement non sécurisés aux adultes comme aux mineurs, d’isoler les adolescents et de les empêcher de participer à des expériences communautaires adaptées à leur âge », explique Reddit.
Face à cette situation, le gouvernement australien a réitéré sa position. « Le gouvernement du Premier ministre Anthony Albanese est du côté des parents et des enfants australiens, et non des plateformes », a déclaré un porte-parole du gouvernement. « Nous ne céderons pas afin de protéger les jeunes Australiens des dangers des réseaux sociaux », peut-on lire dans un communiqué. Le texte de loi ne rend pas la vérification de l’âge simple pour les plateformes, puisqu’elles ne peuvent pas exiger un document d’identité pour des raisons de confidentialités. Le gouvernement assure que les plateformes ont assez d’information sur leurs utilisateurs pour déterminer leur âge.
