Sur Twitch, l’objectif ne devrait pas être de faire grandir sa communauté, mais de la garder selon Mary Kish

Sur Twitch, l’objectif ne devrait pas être de faire grandir sa communauté, mais de la garder selon Mary Kish

Twitch. En cette fin du mois de juin, Twitch donne à nouveau rendez-vous à sa communauté et à ses partenaires pour un événement unique en Europe. Après Paris l’an passé, c’est au tour de Rotterdam d’accueillir la TwitchCon pour une nouvelle édition. Depuis 9 ans, la plateforme a pris l’habitude de venir à la rencontre de ses utilisateurs européens. À cette occasion, nous avons pu échanger avec Mary Kish, streameuse et Head of Community chez Twitch. Nous l’avons notamment questionné sur la signification du mot « communauté » sur la plateforme.

Mary Kish a une double casquette. Elle travaille à la fois pour la plateforme et y réalise des lives gaming sur son temps personnel. Chaque lundi, elle donne rendez-vous aux personnes qui la suivent pour échanger en direct avec elle. « Beaucoup d’entreprises utilisent le mot « communauté ». Quand Twitch parle de communauté, nous parlons des streamers, des utilisateurs et de toutes les personnes qui participent au monde magique du streaming. Ils peuvent être une personne qui est présente dans le chat, un modérateur qui a pour but de faire en sorte que les utilisateurs soient en sécurité, une marque qui est affiliée, une personne qui stream depuis 10 ans avec nous, et toutes les personnes autour », indique-t-elle au média Les Gens d’Internet.

De son point de vue de créatrice, la communauté, ce sont les « personnes qui me suivent, avec qui j’ai un intérêt en commun. Ma communauté aime les jeux d’horreur, elle aime les jeux de plateforme, elle aime les jeux indépendants, elle aime être avec moi quand je perds ou quand je bats un expert, elle aime ma personnalité et l’expérience que je propose », poursuit-elle. Mais comment construire cette communauté?

Faire grandir sa communauté sur Twitch, est-ce un bon objectif?

Pour ce faire une place sur Twitch, « il ne faut pas avoir peur de se concentrer sur une niche ». Les personnes qui suivent les stream partagent des centres d’intérêt avec la personne en live. Elles sont peu à regarder un direct sur un sujet qu’elles n’apprécient pas forcément. « Vous construisez des relations sur le long terme avec celles qui s’attendent à vous voir. Ces utilisateurs apprécient ma compagnie et c’est pour eux que je réalise des streams », explique Mary Kish. La streameuse nous confie également que depuis plusieurs années, le plus gros challenge de Twitch est d’aider à faire grandir les communautés des créateurs.

Attirer des utilisateurs sur son live est loin d’être l’action la plus simple sur Twitch, tant il y a de directs en simultané. Pour attirer de nouveaux abonnés, la plateforme a mis en place en avril dernier, un fil d’actualité semblable à ce que peut proposer TikTok. On y retrouve des extraits de live, permettant ainsi aux viewers de découvrir de nouvelles personnes à suivre. Regarder un nouveau streamer, c’est bien, mais ça ne doit pas être une fin en soi. « Le but ce n’est pas d’avoir des personnes qui viennent de temps en temps, c’est d’avoir des utilisateurs qui suivent un streamer sur le long terme ».

Par ailleurs, si pour de nombreux créateurs, voir grossir leur communauté est un bon signe, pour Mary Kish, ça ne doit pas être l’élément principal à prendre en compte. « Nous disons toujours que la croissance est l’objectif, mais je ne suis pas d’accord. Garder sa communauté est le véritable objectif. » Il faut que ces viewers reviennent régulièrement pour se dire que l’on réussit sur Twitch.

La communauté sur Twitch évolue en même temps que les streamers

Comme sur toutes les plateformes, sur Twitch, les thématiques abordées sont plus que variées. Toutes les communautés, ou tout du moins une majeure partie, peuvent y trouver un créateur à qui elles peuvent s’identifier. Leurs attentes évoluent également en fonction des directs proposés. Ces dernières années, grâce à la technologie, de nouveaux contenus ont vu le jour, offrant une vision différente sur la création de contenu et le lien avec les communautés sur Twitch. « Il y a environ cinq ans, on voyait beaucoup plus de streams basés sur des jeux vidéo. Depuis un an ou deux, la catégorie la plus importante est le chatting, ce qui signifie que les streamers vont en direct pour interagir et communiquer avec leur public. Les lives dans des lieux IRL explosent. Nous voyons plus de créateurs sortir de chez eux et montrer différentes villes », analyse Mary Kish. En France, il y a notamment Pape San qui s’est fait connaître en parcourant le monde, caméra de live sur le dos.

Le chat reste le coeur de Twitch. C’est l’endroit où l’on interagit avec le/la streamer/streameuse en live. Et sa fonction continue d’évoluer. Il ne sert plus simplement à partager des réactions ou des émojis. « Le chat permet désormais de découvrir bien plus que la réaction d’un streamer à un jeu vidéo. Il permet d’en savoir plus sur le créateur et sa personnalité, et de découvrir bien plus de choses sur le monde et les expériences au-delà du jeu. Je pense que cela a eu un impact très positif sur la façon dont notre communauté interagit sur Twitch », explique Mary Kish.

Ce chat a toute son importance lors d’événements caritatifs, comme celui imaginé par Baghera il y a quelques semaines. Streamers 4 Palestinians a été pensé pour venir en aide à la population palestinienne à Gaza. Ces lives ont pu réunir plus d’un million d’euros pour Médecins du monde. Les communautés des différents créateurs ont directement été inclus dans les discussions via cet outil. « Quand Baghera réalise un stream pour un événement caritatif, nous considérons qu’il s’agit de l’un des points forts de ce que l’on peut faire sur Twich. Je considère que c’est l’apogée d’un créateur Twitch parce qu’il utilise la plateforme pour une bonne action, pour soutenir les personnes qui n’ont pas cette visibilité », précise Mary Kirsh.

Une autre catégorie de créateurs prend également de plus en plus de place sur Twitch. Il s’agit des vtubers. Cette explosion de profils d’avatars a été possible grâce à l’évolution des technologies. Les utilisateurs ont la possibilité de se créer un personnage. L’ensemble de ces évolutions montrent que comme pour toutes les plateformes, Twitch est en perpétuel mouvement et il y a toujours besoin de s’améliorer pour rendre cet espace encore plus sur. Un point sur lequel Mary Kish reste intransigeante. « Ce n’est jamais terminé, il y a toujours du travail à faire ».

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