Les propositions des agences d’influence données à Bercy pour encadrer le métier d’influenceur

Les propositions des agences d’influence données à Bercy pour encadrer le métier d’influenceur

Influence marketing. Un nouveau tournant pour le secteur du marketing d’influence. Le 9 décembre, plusieurs agences et plateformes ont été conviées à Bercy pour rencontrer l’équipe de Bruno Le Maire. Elle souhaite mieux encadrer les prises de parole sur les réseaux sociaux, après avoir constaté de nombreuses dérives. Pour cette première réunion, l’objectif était de réaliser une sorte de diagnostic sur ce qui est fait actuellement avant de pouvoir légiférer sur un possible cadre par la suite. « L’heure est encore au diagnostic et à la réflexion », précise le ministère de l’économie à Franceinfo. La fiscalité, la protection des consommateurs et l’accompagnement des influenceurs seront les principaux thèmes abordés.

Parmi les invités, il était possible de retrouver des agences comme Havas ou encore We Are Social. D’autres plus spécialisées dans l’influence, comme Influence4You, Follow, Smile Conseil, Point d’Orgue, Kolsquare, Spoutnik Agency et Reech, ont décidé de s’unir avant la réunion. Elles ont travaillé sur des propositions communes à soumettre au ministère pour encadrer au mieux le secteur qu’elles connaissent sur le bout des doigts. Dans ce document, que l’équipe Les Gens d’Internet a pu consulter, le groupe appuie fortement sur l’intérêt de ce milieu, des emplois qu’ils génèrent et de son intérêt auprès des Français.

Les quatre propositions des agences d’influence soumises à Bercy

Il est aussi question de plusieurs recommandations pour « contribuer à cette réflexion qui, nous l’espérons, aboutira à proposer un environnement adapté à son développement. » Ces différents acteurs ont travaillé sur plusieurs pistes de réflexion. Elles sont au nombre de quatre. Pour commencer, les agences précisent que pour le moment, aucune définition du métier de créateur de contenu, terme qu’elles préfèrent à celui d’influenceur, n’est proposée. « Si cela s’avérait utile et nécessaire, nous serions ouverts à l’idée de co-construire une définition du terme “créateur de contenu” pour améliorer le fonctionnement du marché et dans l’intérêt des consommateurs », peut-on lire.

Le second point concerne la protection des consommateurs. Les agences rappellent qu’un cadre de loi existe et que leurs campagnes s’appuient dessus pour protéger les consommateurs. Le problème soulevé concerne les sanctions trop peu nombreuses pour les contenus abusifs et illégaux de certains utilisateurs. Sur cet aspect, les experts lancent un appel aux réseaux sociaux. « Nous demandons aux plateformes d’observer une politique plus proactive en la matière notamment face aux contenus signalés et aux campagnes de harcèlement qui touchent tout autant les utilisateurs que les créateurs de contenu. »

Pour réussir à mieux cadrer tout ce qu’il se passe en ligne, et notamment dans l’influence, les agences ont le souhait de se constituer en fédération. « Cette fédération s’appuierait sur une charte de valeurs, un guide de bonnes pratiques et un comité éthique. L’adhésion à cette future organisation donnera droit à un label qui pourra être retiré si l’adhérent n’en respecte pas les principes. » Cette organisation aura avant tout pour objectif de former aux bonnes pratiques. « La fédération que nous souhaitons créer a également pour objectif notamment de protéger les créateurs de contenu de plus petite taille et de leur donner à la fois les outils et la force face à des individus ou marques qui se serviraient abusivement de leur contenu », lit-on ensuite.

C’est sur ce dernier point que le document se termine. Le groupe de spécialistes souhaitent que les contenus des créateurs soient davantage protégés. Il existe déjà des directives concernant la propriété intellectuelle, mais des abus sont visibles régulièrement. Encore une fois, l’implication des applications sociales est suggérée.

Séparer le métier d’agent d’influenceurs et de conseil en marketing

En parallèle de ces propositions, d’autres organismes ont pris la parole. C’est le cas du Syndicat du conseil en relations publics. Dans une tribune publiée dans le JDD le 9 décembre, jour de la première réunion à Bercy, l’organisme « demande aux responsables politiques d’interdire la double pratique d’agent d’influenceurs et d’agence conseil en marketing d’influence. » Dans le secteur, certaines entreprises ont les deux activités. D’un côté, une équipe gère la carrière de créateurs de contenu en exclusivité. De l’autre, une seconde équipe conseille les marques et les épaule sur leurs futures campagnes.

Les agences évoluant au sein de ce syndicat constatent que la pratique des deux dans une même entreprise contribue à l’opacité du secteur. « Ces acteurs ne peuvent se prévaloir de cette expertise car ils ne pratiquent pas un conseil neutre puisqu’ils privilégient les influenceurs référencés par leur solution voire ceux qu’ils représentent en tant qu’agents. »

Dans les propositions soumises à Bercy, les agences d’influence sont revenues sur ce point. Elles ne souhaitent évidemment pas que la séparation soit faite, car elles sont nombreuses à avoir développé les deux activités. « Nous nous opposons fermement à la
possibilité d’une dissociation de ces deux expertises qui irait dans le sens d’une dégradation du marché. » Des membres du Syndicat du conseil en relations publics étaient présents lors de cette réunion à Bercy.

Les propositions de Magali Berdah

L’une des grandes absentes de cette rencontre est Magali Berdah, la personne à la tête de l’agence Shauna Events. Sur ses réseaux sociaux, elle a fait savoir ce vendredi sa déception de ne pas avoir été conviée. « Des années que je demande des rendez-vous pour mettre des choses en place pour ce métier si jeune et si flou. Et aujourd’hui, on me regarde de loin recevoir 1000000 messages de haine, antisémites, appels au viol, misogynes, sexistes, décapitations, car certains veulent briller », écrit-elle dans ses stories, alors qu’elle fait fasse depuis des mois aux foudres de Booba.

Malgré son absence, elle a aussi souhaité travailler sur des propositions à soumettre à Bercy via une interview donnée au JDD. Magali Berdah rejoint ses concurrents sur plusieurs points, notamment celui de donner une définition claire au métier d’influenceur et d’avoir une structure qui encadre le secteur. « C’est primordial de créer une association interprofessionnelle au sein de laquelle il faut mettre en place des formations continues pour les influenceurs. » Pour suivre les différentes évolutions et autres, une application gratuite pourrait être créée. Elle suggère également la création d’un « ordre des influenceurs ».

Le ministère de l’économie a annoncé le lancement d’une consultation publique pour y voir plus clair. Le gouvernement a la volonté de « prendre le temps » d’analyser un « secteur morcelé avec une chaîne de valeur complexe ». Bruno Le Maire s’engage à rendre publique ses contributions et ses éventuelles décisions d’ici mars 2023.

Au-délà des suggestions émises par ces différents professionnels du secteur, de nombreux politiques s’intéressent de près au marketing d’influence. Le député écologiste Aurélien Taché a déposé une proposition de loi. Elle oblige les influenceurs à préciser lorsqu’ils font un partenariat rémunéré. Il demande également à ce que les réseaux sociaux mettent en place un dispositif de signalement des contenus relevant des pratiques commerciales interdites, agressives et trompeuses. Une dernière partie est consacrée au rôle d’agent d’influenceurs. Aurélien Taché souhaite encadrer la relation entre ces profils et les créateurs de contenu en proposant un contrat de mandat écrit entre les deux parties.

Ce lundi 12 septembre, les députés de la France Insoumise vont présenter eux-aussi une proposition de loi qui vient compléter celle de leur collègue. François Piquemal et Nadège Abomangoli se concentrent davantage sur les arnaques en ligne avec des propositions visant à former à ces dérives.

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