Repartie, la société de production qui veut créer du contenu destiné « aux grandes personnes »
Agence. La productrice Clémentine Dabadie et Stuart Wettenhall, ancien dirigeant d’Amazon et de BBC Studios, lancent Repartie, « un média de divertissement numérique ». Leur ambition est de développer des podcasts vidéo originaux, incarnés par des personnalités, et leur donner une dimension premium grâce à un modèle mêlant diffusion gratuite et abonnement. D’abord implantée en France, l’entreprise entend également se développer à l’international, notamment sur les marchés britannique et américain.
Pour concrétiser ce projet, Repartie mise sur des formats conçus dès le départ pour être diffusés sur plusieurs plateformes, dont YouTube, Spotify et les réseaux sociaux. « Depuis quelques années, je vois une partie du public quitter la télévision pour migrer vers YouTube. Ils ont changé d’écran, mais ils disent manquer de formats longs », indique Clémentine Dabadie, cofondatrice de Repartie, au site Les Gens d’Internet.
Deux premières productions sont actuellement en développement: Comptoir Histoires, consacré aux grands récits du passé, et Le Comptoir, qui s’intéressera aux grandes questions de société contemporaines. Les deux programmes adopteront un format feuilletonnant, pensé « pour être regardés, écoutés et partagés ». Des échanges avec plusieurs talents sont en cours, avec de premières diffusions envisagées dans les prochains mois.
Repartie, une production qui veut s’adresse « aux grandes personnes » sur les réseaux sociaux
Au-delà de la production de contenus, Repartie souhaite construire une relation plus directe entre les personnalités et leurs audiences. L’entreprise entend s’appuyer sur des figures capables de fédérer une communauté autour de leurs prises de parole et de leurs histoires. Et surtout l’ambition est de s’adresser « aux grandes personnes ». « Les grandes personnes, ce sont tous ceux qui veulent qu’on leur parle comme à des adultes. Ils ont grandi avec les grands conteurs de la radio et de la télévision. Ils aiment que l’on prenne le temps de raconter une histoire et ils aiment les débats, ce que l’on ne peut pas avoir dans les médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux. Mais avant tout, ils veulent du divertissement », précise Clémentine Dabadie, au site Les Gens d’Internet.
Les programmes seront accessibles gratuitement sur les plateformes, tandis qu’une formule d’abonnement doit permettre aux publics les plus engagés de bénéficier d’une relation plus étroite avec les talents et les émissions. « Nous la construisons avec Meliora, l’une des équipes de développement de produits d’abonnement les plus reconnues au monde. De grands médias indépendants, comme Goalhanger et Flight Story, la société de Steven Bartlett, ont connu un grand succès avec ce modèle, encore peu répandu en France. L’écoute sans publicité, l’accès en avant-première aux contenus ou aux événements en direct, des épisodes en plus et des espaces réservés à la communauté font partie de l’offre. Nous prévoyons de lancer l’abonnement début 2027 », nous confie Clémentine Dabadie.
Pour développer cette approche, la société s’est notamment entourée du producteur franco-britannique Theo Young-Smith. Celui-ci a participé au développement de The Rest Is History, podcast qui revendique 120 000 abonnés payants. Son expérience doit contribuer à la conception de formats narratifs au long cours, mais aussi au développement d’audiences internationales et de revenus issus de l’abonnement. En parallèle, Repartie travaille avec Meliora, une équipe spécialisée dans le développement de produits par abonnement, afin d’imaginer de nouvelles fonctionnalités de participation et des avantages associés aux programmes. La société pourra également compter sur un comité de conseillers issus notamment de Flight Story, Spotify et YouTube. Avec ce lancement, Repartie entend ainsi explorer un modèle dans lequel le podcast vidéo ne se limite plus à un contenu diffusé sur les plateformes, mais devient le point de départ d’une véritable expérience communautaire.
« Diffuser ne coûte presque plus rien, et le public est partout. Ce qui prend de la valeur, c’est le lien avec lui : une audience qui revient chaque semaine, qui commente, qui soutient. Les créateurs l’ont compris avant les chaînes. Mais pour qu’un programme dure, il faut qu’il soit bien écrit, bien produit, et qu’on le fasse connaître. Un créateur seul n’a pas toujours les moyens de tout porter. Le podcast vidéo est l’endroit où se rejoignent le savoir-faire de la télévision et la liberté des créateurs. C’est là que nous voulons être », conclut Clémentine Dabadie.
Image ©Repartie – Francesca Mantovani ©Editions Gallimard

