Facebook. Facebook est souvent qualifié de réseau social « vieillissant » par les plus jeunes générations. Pourtant, en 2026, la plateforme est loin d’être délaissée. Selon une étude récente, elle reste le réseau social préféré des Français de plus de 16 ans, devançant même des géants comme WhatsApp et Instagram. Au niveau mondial, l’impact est colossal: 57 % des utilisateurs s’y sont connectés au moins une fois au cours du dernier mois.
Ce que l’on sait de cette expérience menée par Facebook
Pour comprendre l’ampleur de cette étude, il faut remonter en 2012. À l’époque, le paysage social media est en pleine mutation. Instagram vient de naître, YouTube explose avec l’émergence des premiers grands créateurs de contenus, et Facebook assoit sa domination mondiale. Rien qu’en France, les chiffres de l’année 2012 donnent le vertige: 2,45 milliards de contenus partagés, 300 millions de photos ajoutées et 2,7 milliards de « J’aime » distribués. C’est dans ce contexte d’hyper-croissance que Facebook décide d’utiliser sa base d’utilisateurs pour ce que le Dr Adam Kramer qualifiera de « plus vaste étude de terrain de l’histoire ».
Pendant une semaine, sans prévenir personne, l’algorithme de Facebook a été modifié pour 700.000 utilisateurs. L’objectif ? Modifier le fil d’actualité pour exposer certains utilisateurs à davantage de contenus « positifs » et d’autres à des messages plus « négatifs »Les chercheurs voulaient répondre à une question simple mais terrifiante: le bonheur ou la tristesse des autres peut-il influencer votre propre état émotionnel à travers un écran?
Publiés en 2014 dans une revue scientifique américaine, les résultats n’ont surpris personne sur le fond, mais ont glacé le sang sur la forme. L’étude a prouvé que Facebook est capable d’influencer nos émotions à hauteur de 2%. Ce phénomène, baptisé « contagion émotionnelle », a des conséquences directes sur nos vies l’humeur modifie le jugement. Un état positif réduit la perception du risque. Un état négatif accroît le sentiment d’insécurité. Les utilisateurs manipulés ont modifié leur propre façon de s’exprimer dans leurs commentaires et publications.
Au-delà de l’éthique, cette étude a révélé que Facebook pouvait appliquer cet effet de masse à la publicité. Si une plateforme peut vous rendre « réceptif » avant de vous montrer une annonce, elle détient la clé d’une monétisation sans précédent.
L’impact de l’étude menée par Facebook
Face au scandale, la firme de Menlo Park a plaidé la volonté d’améliorer ses services. Selon eux, le but était simplement de rendre le contenu « plus pertinent et attrayant ». Ils ont assuré qu’un processus de contrôle interne rigoureux était appliqué et qu’aucune donnée personnelle n’était collectée inutilement.
Pourtant, cette réponse n’a convaincu personne. Des experts ont immédiatement réclamé la possibilité pour les utilisateurs de choisir explicitement s’ils souhaitent participer à des recherches psychologiques ou non. Si cette expérience a fait grand bruit, c’est parce qu’elle a dévoilé le futur des réseaux sociaux : la monétisation de l’ego et des sentiments.
Aujourd’hui, l’émotion humaine est le pilier central des plateformes. On y cherche de la réassurance, de l’amour à coups de « likes », et notre ego y joue un rôle prédominant. Pour les marques, les conclusions de l’étude de 2012 sont une mine d’or. Présenter des visages heureux avant un produit augmente les chances d’achat. Les retours positifs de clients créent une contagion qui pousse les autres au même comportement. En comprenant les réactions humaines, Facebook peut diffuser la bonne publicité au moment exact où votre émotion est la plus vulnérable.
L’histoire de l’expérience secrète de 2012 n’était qu’un prélude. Elle a prouvé que les réseaux sociaux ne sont pas des outils neutres, mais des instruments de manipulation des foules à grande échelle. En remontant le temps, on comprend mieux pourquoi nos fils d’actualité actuels sont si addictifs et pourquoi certaines polémiques enflamment le web en quelques secondes. La contagion émotionnelle est devenue une science exacte au service du profit.

