En 2026, l’écart entre les créateurs qui gagnent bien leur vie et ceux qui galèrent va encore plus se creuser

En 2026, l’écart entre les créateurs qui gagnent bien leur vie et ceux qui galèrent va encore plus se creuser

Social media. Dans l’imaginaire collectif, les influenceurs gagnent beaucoup d’argent. La plupart sont même millionnaires. Pour y parvenir, c’est assez simple et sous les yeux de tous. Plus on fait de vues, plus on gagne de l’argent. Plus on a d’abonnés, plus on devient riche. Sur les réseaux sociaux, ces profils plus que suivis partagent leurs voyages, leurs dressings bien remplis, leurs trousses de maquillage débordent et ils embarquent leurs communautés dans leurs belles voitures. Ils ont la belle vie.

Mais, derrière cette image de l’influence, la réalité est bien différente en France. Car si quelques profils peuvent se vanter d’un joli train de vie, la grande majorité des créateurs de contenu peinent à vivre de leur passion. Pire encore, certains gagnent aujourd’hui moins qu’avant, jusqu’à être contraints de reprendre un travail plus conventionnel.

En ce début d’année 2026, plusieurs créateurs ont partagé leurs revenus annuels sur les réseaux sociaux, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les vues ne suffisent pas à subvenir aux besoins des influenceurs, même les plus modestes.

Les influenceurs sont-ils trop nombreux en France?

En France, le nombre d’influenceurs est estimé à 150.000. Ce nombre impressionnant de créateurs créent une saturation. Les marques et les agences n’ont qu’un choix énorme pour trouver le bon profil à activer pour les campagnes. Et ça n’est pas une bonne nouvelle pour les influenceurs, qui voient les demandes de partenariats diminuer au fur et à mesure. En off, une ancienne responsable influence chez l’annonceur a partagé à LGI quelques informations sur des profils ayant plusieurs centaines de milliers d’abonnés. Le constat est alarmant: plus aucune demande de collaboration et pas assez de créativité pour sortir du lot.

Quels choix faire? Jusqu’à présent, les YouTubeurs et les TikTokeurs pouvaient s’en sortir via la monétisation. Si sur le premier réseau social, le RPM (revenu pour mille vues) reste assez fixe, celui de l’application dégringole de mois en mois. Pour 1000 vues, les vidéastes enregistrent quelques centimes d’euros de monétisation, insuffisant pour vivre convenablement de la création de contenus.

La réalité est donc loin des chiffres que l’on nous partage à tout-va. Selon une étude de Reech publiée en 2025, le salaire médian d’un influenceur en France s’élève à 1600 euros brut par mois, soit moins que le SMIC. Le chiffre contraste fortement avec l’image de richesse véhiculée sur les réseaux sociaux par certains créateurs. Pour la majorité, l’influence est une activité complémentaire ou temporaire. En décembre 2025, une étude menée par Favikon et l’UMICC révèle que 60% des créateurs interrogés affirment que l’influence n’est pas leur source de revenu principale.

La monétisation TikTok, le fantasme des utilisateurs

Dans l’imaginaire collectif, les vues sur les réseaux sociaux rapportent énormément d’argent, surtout sur TikTok. Si cette affirmation était vraie il y a quelques années, il est clair que ce n’est plus le cas. Plusieurs créateurs ont récemment dévoilé les revenus rapportés par leurs vues sur TikTok. La créatrice Galliane Goural affirme avoir gagné 47 euros pour une vidéo à 500.000 vues. It’s me Yara explique avoir touché 14 euros avec une vidéo de 663.000 vues et 27 euros pour un contenu avec près d’un million de vues. RegeleGorilla a fait le point sur ses revenus annuels des réseaux sociaux. Les vues sur TikTok lui ont rapportées 40.000 euros brut. « C’est énorme, mais ça ne fait que baisser », affirme-t-il. Sa source principale de monétisation provient des partenariats, qui lui ont rapporté 86.000 euros en 2025.

@urfrenchbookworm

C’est un métier-passion 😭😭 #remuneration #influencer #pourtoi #fyp

♬ son original – Gallianne Goural

@itsmeeyara

Voilà pour ceux qui se demandent combien on gagne sur TikTok !! Maintenant vous savez !! #humour #argent #reaction #tiktok #drole

♬ son original – Y A R A

@regelegorila1

mes revenus sur les réseaux en 2025

♬ son original – Regelegorila

 

 

Certains parcours illustrent parfaitement la précarité du métier d’influenceur. Diana Cycn s’est lancée en 2020. Elle a fini par quitter son emploi de coiffeuse pour vivre de la création de contenu. Entre 2020 et 2024, elle gagnait entre 1600 et 3500 euros brut par mois, sans aucun partenariat. Mais la situation s’est progressivement dégradée. En décembre 2025, elle annonce à sa communauté qu’elle a repris un emploi conventionnel. « Ces derniers temps, la rémunération a bien baissé, donc je savais que les réseaux sociaux étaient éphémères pour moi ». En 2025, elle n’a eu aucune collaboration commerciale. Ses revenus sont tombés à 1500 euros en début d’année, puis 800 euros maximum par mois depuis l’été, devenant insuffisants pour en vivre.

@diana.cycn

♬ son original – Diana

Alors qu’on pourrait penser que réussir sur les réseaux sociaux est dû à un travail acharné et à une omniprésence sur toutes les plateformes, ce n’est pas forcément le cas. Le facteur chance et les algorithmes de recommandation jouent un rôle essentiel. « 2025 est l’année où j’ai le moins bien travaillé. J’ai eu un chiffre d’affaires moins bon qu’en 2024, et le moins de contrats de ma vie », raconte la TikTokeuse Tess Mu. « J’ai failli abandonner l’influence plusieurs fois. Être métisse et ouvertement lesbienne me dessert énormément. J’ai l’impression que beaucoup de marques m’ont abandonnée », ajoute-t-elle.

@tess.mu

un peu confession intime là bref

♬ son original – Tess Lft ☀️

Cependant, il est indéniable que TikTok est un levier intéressant pour les créateurs qui souhaitent gagner en visibilité. C’est un phénomène qui s’est largement démocratisé avec la multiplication des clips vidéo.

Les marques investissent toujours plus… mais pas pour tout le monde

Et pourtant, les marques investissent dans le marketing d’influence. D’après une étude de Kolsquare sur le marketing d’influence en Europe, elles prévoient d’augmenter leurs budgets en 2026. En 2025, la dépense médiane s’élève à 175.000 euros en Europe, et entre 100.000 et 500.000 euros en France. Mais, ce n’est pas pour autant qu’elles font plus de campagnes, ou qu’elles travaillent avec davantage d’influenceurs. Les annonceurs privilégient les micro-influenceurs, les collaborations sur le long terme, et des profils avec qui elles ont déjà travaillé. Donc, il reste peu de place pour les nouveaux créateurs émergeants.

Oui, certains influenceurs gagnent très bien leur vie. Dans son livre, Encore Mieux, Léna Situations affirme qu’elle est riche. Mais, ils ne représentent qu’une poignée de profils:

  • Tibo InShape se verse 10.000 euros par mois
  • Le YouTubeur Nicolas Trouvé génère entre 30.000 et 40.000 euros de chiffre d’affaires mensuel
  • Maxime Biaggi a dévoilé un chiffre d’affaires de 200.000 euros en 2025. « Je me considère comme riche, mais je pense que les gens me voient infiniment plus riche que ce que je suis vraiment », a-t-il affirmé.
  • Inoxtag a généré 1,6 million d’euros en 2025, uniquement grâce aux publicités sur YouTube.

Ces profils sont le haut du panier, celui qui fait rêver. Mais ils masquent la réalité vécue par la majorité des créateurs. Oui, le marketing d’influence continue de se développer. Les marques investissent toujours plus d’argent, les plateformes multiplient les programmes de monétisation et les créateurs n’ont jamais été aussi nombreux. Mais cette croissance ne signifie pas que l’influence est un métier où l’argent coule à flot, ni qu’elle est accessible à tous.

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