Social media. Cette décision nous pendait au nez. Depuis plusieurs mois, les réseaux sociaux sont au cœur des débats politiques. Il est question de protéger les jeunes de l’impact nocif que peuvent avoir les plateformes sur leur développement et sur leur santé mentale. L’Australie a déjà passé le cap, en décembre 2025. Cette décision a influencé d’autres territoires à suivre cette politique.
En France, l’Assemblée nationale a approuvé une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans en janvier dernier. De son côté, Emmanuel Macron a affirmé que cette loi serait mise en place avant la fin de son mandat, et de préférence au moment de la rentrée 2027. Le texte, porté par Laure Miller et Gabriel Attal devait être adopté par le Sénat avant un vote final chez les députés.
Le 21 juillet, le Parlement a définitivement adopté la proposition de loi qui interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Voici ce que l’on sait.
Voici ce qu’il faut savoir sur le texte de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Le texte de loi a d’abord été adopté au Sénat, puis par l’Assemblée nationale avec 279 voix contre 81. C’est une première en Europe. La loi doit entrer en vigueur à partir du 1er septembre pour la création de nouveaux comptes et au 1er janvier 2027 pour les comptes déjà existants sur les réseaux sociaux. Le texte explique que « l’accès à un service de réseaux sociaux en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans ». TikTok, Facebook ou encore Instagram sont donc visés. En ce qui concerne YouTube, c’est plus flou. Gabriel Attal la qualifie de « plateforme hybride », avec des fonctionnalités qui ressemblent à celles d’un réseau social.
Les « encyclopédies en ligne », les « répertoires éducatifs ou scientifiques », les « plateformes de développement et de partage de logiciels libres » ou les « projets numériques à vocation éducative » ne sont pas concernés par cette interdiction. L’accès à tout autre « service de réseaux sociaux en ligne fourni par une plateforme en ligne » sera interdit pour les jeunes de moins de 15 ans. En ce qui concerne WhatsApp, Laure Miller, députée Renaissance et rapporteure du texte, précise que la visualisation simple de vidéos, ou la messagerie interpersonnelle, ne seraient pas concernées par l’interdiction. « Mais on sait que WhatsApp a développé d’autres fonctionnalités, comme des chaînes de diffusion, et à ce moment-là, les choses vont devoir se faire de manière cloisonnées », précise Gabriel Attal.
@gabriel_attal Mission réussie ✅
Le texte ne prévoit pas de dispositif précis pour vérifier l’âge des utilisateurs. Il reviendra aux plateformes de mettre en place un dispositif de vérification d’âge, voire plusieurs simultanément pour laisser le choix aux utilisateurs. « Les grandes plateformes sont à mon sens largement prêtes », a déclaré à l’AFP Laure Miller. Parmi les outils à leur disposition, la députée cite France Connect, ou Docaposte, « qui dispose de l’âge de 95% des enfants français » via les espaces numériques de travail des établissements scolaires.
« Les modalités de contrôle de l’âge restent largement imprécises. Elles ne sont pas stabilisées à un mois à peine de l’entrée en vigueur du texte », a alerté le socialiste Arthur Delaporte. En cas de non respect de la loi, les parents et les utilisateurs ne seront pas visés par des sanctions. Cette responsabilité repose uniquement sur les réseaux sociaux, qui doivent être en mesure de vérifier l’âge de leurs utilisateurs. En cas de manquement à ces obligations, les entreprises s’exposent à des sanctions.
Un texte de loi largement critiqué sur les réseaux sociaux
Suite à cette annonce, les réseaux sociaux sont en ébullition. Pour certains députés, ce texte de loi n’est pas applicable. “Ils l’ont essayé en Australie. Les deux tiers des jeunes ont trouvé une solution de contournement », comme l’utilisation de VPN, affirme le député de La France Insoumise Louis Boyard. « L’Assemblée nationale vient de voter l’obligation de faire vérifier votre pièce d’identité pour vous connecter à vos réseaux sociaux. C’est la fin de l’anonymat sur Internet », s’assure-t-il sur X. Les parlementaires socialistes ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel, au vu des interrogations que la loi votée laisse en suspens. Ce dernier devra rendre sa décision dans un délai d’un mois.
L’Assemblée nationale vient de voter l’obligation de faire vérifier votre pièce d’identité pour vous connecter à vos réseaux sociaux. Cela sera piloté par la Commission européenne.
Le RN s’est abstenu.
C’est la fin de l’anonymat sur Internet.
Nous déposons un recours devant le… pic.twitter.com/CwW5jbFZSO
— Louis Boyard (@LouisBoyard) July 21, 2026
Du côté des utilisateurs, les avis sont mitigés. Certains comprennent cette décision, prise pour protéger les plus jeunes qui sont souvent la cible de cyberharcèlement. D’autres trouvent cette loi injuste. « Encore une loi pour les jeunes, mais sans les jeunes », « la plupart vont contourner cette interdiction », « mais pourquoi personne ne nous écoute nous? », peut-on lire dans les commentaires des différents contenus publiés sur TikTok.
Images ©Gabriel Attal – Instagram
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@gensdinternet Pourquoi l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est une mauvaise idée ? Interview de la journaliste indépendante Pauline Ferrari.

