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Comment les YouTubeurs sont apparus en France, découvrez le documentaire inédit

Creator Economy. Ils sont aujourd’hui des dizaines à cumuler plusieurs millions d’abonnés, à remplir des salles de concert ou à organiser leurs propres événements sportifs. Mais avant de devenir des marques à part entière, les YouTubeurs français ont commencé, comme le rappelle notre documentaire Les Gens d’Internet, dans des chambres d’ado ou des appartements partagés, une webcam posée sur une pile de livres.

Retour sur deux décennies qui ont façonné l’industrie de l’influence en France.

Comment YouTube s’est-il implanté en France ?

YouTube est lancé aux États-Unis en 2005, avant d’arriver progressivement en France dans les années qui suivent. La plateforme met du temps à trouver son public francophone. Les premières vidéos publiées par des internautes français relèvent surtout du loisir, sans aucune ambition professionnelle. C’est en 2008 qu’un tournant décisif s’opère puisque YouTube ouvre la possibilité, pour les créateurs, de percevoir une part des recettes publicitaires générées par leurs vidéos. Ce système de partenariat, encore balbutiant, pose la première pierre de ce qui deviendra un métier à part entière.

Pendant que les chaînes humoristiques explosent, un autre courant se développe en parallèle, celui des tutoriels beauté et mode. Marie Lopez, alias EnjoyPhoenix, publie sa première vidéo en mars 2011, à seulement 16 ans, intitulée Comment faire des boucles avec un lisseur. Elle rejoint alors une poignée de pionnières de la beauté francophone, aux côtés de créatrices comme JulieLovemac07, Chrystelle Makeup ou Elsa Makeup, puis Sananas.

En 2014, YouTube lance sa toute première campagne d’affichage en France, et choisit EnjoyPhoenix comme égérie, aux côtés de Cyprien et d’Andy. Cette reconnaissance confirme que YouTube n’est plus une simple plateforme de partage vidéo, mais un véritable écosystème économique, capable de faire naître des célébrités là où la télévision n’en produisait plus.

Comment les YouTubeurs se sont-ils professionnalisés ?

À partir de 2012, l’industrie commence à se structurer. Des sociétés de production, que l’on appellera plus tard des MCN (Multi-Channel Networks), voient le jour pour accompagner les créateurs les plus populaires : gestion des partenariats de marque, production de contenus, mise en relation avec les médias traditionnels. Studio Bagel, adossé à Canal+, en est l’un des exemples les plus emblématiques de cette période, rassemblant à la fois des humoristes et des vidéastes venus du web.

Cette structuration progressive permet à certains créateurs de vivre pleinement de leur activité, et à d’autres de multiplier les passerelles vers la télévision et le cinéma. Cyprien et Natoo enchaînent ainsi les apparitions sur petit écran, jusqu’à co-animer ensemble la série Presque adultes sur TF1 en 2017, symbole de la reconnaissance grand public de ce nouveau métier.

Une troisième vague, celle du gaming, s’impose au même moment. Lucas Hauchard commence à publier des vidéos sur les jeux vidéo dès 2008, alors qu’il n’est encore qu’un adolescent. En 2011, il adopte le pseudonyme sous lequel il deviendra une référence : Squeezie. À 17 ans, il devient le premier Français à dépasser le million d’abonnés sur YouTube, porté par des contenus centrés sur le jeu vidéo, un univers alors largement sous-représenté par les créateurs déjà installés.

Comment la Creator Economy s’est-elle structurée après 2016 ?

À partir du milieu des années 2010, l’industrie change de dimension. Les créateurs ne se contentent plus de publier des vidéos sur une seule plateforme, ils diversifient leur présence sur Twitch, Instagram, puis TikTok, tout en construisant de véritables marques personnelles. Les partenariats avec les entreprises se professionnalisent, les cachets grimpent, et de nouveaux formats d’événements émergent directement depuis la communauté des créateurs.

Squeezie illustre cette bascule mieux que quiconque. En 2022, il organise le GP Explorer, une course automobile réunissant streamers et YouTubeurs sur le circuit du Mans, un événement retransmis en direct qui rassemble des millions de spectateurs. Deux ans plus tard, en janvier 2024, le documentaire Merci Internet retrace son parcours et confirme que l’histoire de ces créateurs mérite désormais d’être racontée au même titre que celle de n’importe quelle autre industrie culturelle.

D’autres figures s’imposent durant cette période, à l’image du duo McFly et Carlito ou de Léna Situations, dont les vlogs d’été sont devenus un rendez-vous incontournable chaque année pour des centaines de milliers de spectateurs. La Creator Economy française n’est plus un phénomène marginal, elle pèse désormais des centaines de millions d’euros et fait vivre tout un écosystème d’agences, de régies publicitaires et de sociétés de production.

Malgré leur influence considérable sur la culture populaire française, les coulisses de ces vingt années de création de contenu restent largement méconnues du grand public. C’est tout l’enjeu de la série documentaire Les Gens d’Internet, produite par notre média et disponible depuis le 1er mai 2026 sur YouTube. Répartie en trois épisodes de 40 minutes, elle retrace successivement l’ère de la blogosphère, l’explosion des réseaux sociaux, puis la Creator Economy structurée que l’on connaît aujourd’hui, à travers les témoignages inédits d’une vingtaine d’acteurs majeurs du secteur, créateurs, agences et marques confondus.

Vingt ans après les premières vidéos amateurs mises en ligne dans l’anonymat, l’histoire des YouTubeurs français ressemble à celle de toute une génération qui a inventé son propre métier, sans mode d’emploi, avant de le voir devenir une industrie à part entière.

Images ©Les Gens d’Internet

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