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Sur YouTube, pourquoi les professionnels de santé sont de plus en plus nombreux

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YouTube. Le 15 août dernier, YouTube partageait une nouvelle fois, une initiative visant à contrer les fausses informations concernant les sujets liés à la santé. Une problématique qui a notamment été soulevée au moment du Covid, et plus récemment avec des actualités comme la mise en examen de Thierry Casasnovas, le YouTubeur crudivore, qui partageait sa vision de la médecine. Pour mettre un terme à la prolifération de ce type de contenus, la plateforme de vidéos a décidé de mettre à jour son plan d’attaque. Dans un billet de blog, le réseau social a partagé les nouvelles évolutions.

YouTube a décidé d’agir sur trois points: la prévention et la transmission, sur les traitements et sur la négation ou la contestation. Les vidéos contenant certaines substances ou pratiques nocives, diffusant de la fausse information sur l’innocuité et l’efficacité des vaccins approuvés seront supprimées. Si cette action est à saluer, est-elle suffisante pour enfin mettre un terme à tout ce qui peut circuler sur la plateforme? Selon plusieurs professionnels de santé, il faudrait aller plus loin, comme publier du contenu.

Les raisons qui poussent les professionnels de santé à aller sur YouTube

Pour inciter les médecins et les infirmiers à prendre la parole et à diffuser la bonne information, YouTube a annoncé un outil mettant en avant leur vidéo (plus de détails dans cet article). De cette manière, leurs vidéos apparaissent en premier dans les résultats de recherche et une indication sous leur contenu, fait comprendre aux utilisateurs qu’il s’agit d’une source fiable. Aujourd’hui, d’après les données de YouTube, ils seraient une centaine de professionnels de santé, en plus des organismes comme les Hôpitaux de Paris et autres, à prendre la parole sur le réseau social.

« J’ai lancé ma chaîne en 2020, pour donner de l’information au grand public, sur des sujets basiques », explique Audrey, alias Dermato Drey, dermatologue, lors d’une conférence de presse organisée par YouTube. De son point de vue, le manque de collègues dans sa profession pousse les patients à se renseigner sur Internet. Alors, autant leur donner de vraies informations, pour éviter qu’ils ne tombent sur des contenus à bannir. Le discours est le même auprès d’autres créateurs de contenu. Marine Lorphelin, étudiante en médecine générale, s’est lancée il y a 6 mois sur YouTube, avec pour objectif de partager des conseils santé, tout en traitant des sujets grand public. Estelle Touboul, rhumatologue, a décidé d’ouvrir son compte il y a un an. « Je trouvais qu’il manquait de contenus pédagogiques sur les réseaux sociaux. »

Les créateurs de contenu dans l’univers de la santé sont également universitaires ou dirigeant de CHU. Par exemple, le professeur Boris Hansel a trouvé un nouveau moyen d’enseigner en imaginant des vidéos sur YouTube. « Nous, universitaires, il faut que l’on sorte de nos universités« . Mais ce n’est pas la seule raison. « Le problème sur les réseaux sociaux, c’est que l’on ne sait plus faire la différence entre un expert et quelqu’un qui ne l’est pas », poursuit-il. Un argument qui est approuvé par Yann Bubien, directeur général du CHU de Bordeaux. « Il faut que la médecine reprenne de la place. Les fake news et les fake medics sont beaucoup trop nombreux », explique-t-il.

Quels sont les contenus publiés sur YouTube par ces professionnels de santé?

Alors, pour prendre de la place sur les plateformes, eux et leurs équipes ont décidé de créer du contenu. Le professeur Boris Hansel a lancé la chaîne Pums. Tous les mercredis à 18h, une nouvelle vidéo est publiée en compagnie d’un professionnel de santé. Il est question de migraine, de noyade, de cancer… Tous les sujets sont abordés. Le tout est filmé sur un plateau, façon télévision, où le professeur conduit les interviews. Plusieurs caméras filment. En complément, il est possible de le retrouver des face caméra au format Shorts, toujours avec une belle production.

De son côté, le CHU de Bordeaux mise sur des contenus un peu plus longs. En partenariat avec la librairie Mollat, des soirées sont proposées et filmées pour YouTube. On peut y retrouver un.e professeur.e ou un.e médecin.e venant parler de son sujet. En parallèle, d’autres professionnels de santé réalisent des vidéos plus courtes.

En ce qui concerne ceux qui évoluent seuls, à l’image de Marine Lorphelin ou d’Estelle Touboul, la création de contenu est pensé pour rentrer dans leur planning. L’ancienne Miss France a fait le choix de devenir médecin généraliste à mi-temps, pour lui laisser le temps d’animer sa communauté. « Je pense qu’il est primordial de s’entourer », précise-t-elle, en indiquant qu’une équipe de production l’épaule pour ses vidéos. Estelle Touboul la rejoint sur ce point. « J’ai de la chance d’avoir un conjoint qui s’est pris de passion pour le montage ». Côté contenus, les publications sont bien rythmées. Marine Lorphelin répond à une question sur un sujet via un Shorts. Estelle Touboul alterne les formats de vidéos, et s’amuse à démonter les fake news via la vidéo courte.

Et si on leur demande pourquoi avoir fait le choix de se tourner vers de la vidéo, la réponse est simple. « C’est un format qui fonctionne très bien aujourd’hui. Son avantage est qu’il est facile à partager », répond Audrey. Elle n’hésite d’ailleurs pas à en parler en consultation. « Lorsque les patients arrivent avec les bonnes informations, notre travail est facilité », tient-elle à préciser. De son côté, le professeur Boris Hansel indique qu »il y a déjà beaucoup d’écrits réalisés par les institutions, mais très peu de vidéos. Il y a besoin de relais sous ce format, avec des personnes identifiées et des influenceurs qui savent de quoi ils parlent ».

Pour la suite, YouTube espère attirer de plus en plus de professionnels de santé sur sa plateforme.

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