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Pour aider les influenceurs à se sentir bien, Delphine Lamour a créé des séances de sophrologies

Influenceurs. Crises d’angoisse, d’anxiété ou de panique. Le métier d’influenceurs n’est pas de tout repos. Depuis quelques années, certains créateurs de contenu admettent qu’ils ont besoin quelques fois de se retirer des réseaux sociaux pour souffler un peu et éviter un burn out. D’autres doivent faire face à des attaques d’angoisse, comme ça a été le cas pour Noholita et Léna Situations au festival de Coachella.

Pour les aider, Delphine Lamour, sophrologue et Instructrice en méditation de pleine conscience, anime des ateliers de sophrologie spécialement dédiés aux influenceurs à Paris. Elle s’est spécialisée dans les problématiques de gestion du stress, confiance en soi et « mieux dormir » ainsi que dans l’accompagnement de la femme enceinte. Pour Les Gens d’Internet, elle explique ce qui l’a poussé à créer ce type d’offre.

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Delphine Pilcher: La sophrologie fait partie de la belle famille des « médecines douces et complémentaires ». C’est une approche psychocorporelle qui puise ses racines dans le hatha yoga, la méditation zen, la psychologie positive et l’hypnose, c’est une méthode de relation d’aide qui associe la relaxation, la respiration et des visualisations mentales guidées par le sophrologue. A travers la pratique d’exercices dynamiques et statiques, la sophrologie permet d’obtenir l’harmonie et l’équilibre entre le corps et l’esprit, et de retrouver sérénité, confiance, calme et mieux-être. La sophrologie s’adapte à tous les âges et accompagne chaque étape de la vie: enfants, adolescents, adultes, séniors. C’est une méthode douce et bienveillante qui permet à tout un chacun d’apprendre à mieux se connaître et à se faire du bien.

C’est grâce à mon parcours professionnel que cette idée a germée. Avant de m’installer comme sophrologue, j’ai travaillé 11 ans dans la communication et les relations presse, à construire des stratégies RP et e-RP, à représenter des marques et à monter des partenariats de visibilités pour ces marques. Je travaillais donc régulièrement avec les influenceurs digitaux, leviers de communication et d’image pour les marques, pour mettre en place des plans d’actions pertinents.

Au fur et à mesure, des liens se créent, des langues se délient et les problématiques liées à ce métier sont de toute façon belles et bien visibles. J’ai pu faire ce constat rapidement: frontière floue, voire inexistantes entre vie privée et vie publique (un influenceur anime sa communauté toute la journée, il se doit de répondre à des commentaires dans un laps de temps court quel que soit le moment de la journée et peu importe ce qu’il est en train de faire), problématique de sens et d’identité: est-ce que ce que je fais est vraiment en phase avec qui je suis? Je porte tel message car j’ai un partenariat avec telle marque, mais est-ce vraiment moi? est-ce vraiment ce que je veux? A cause d’un super partenariat booké par mon agent ou l’agence de communication de la marque, je me suis engagé à faire tant de posts, tant de like, à vanter les mérites de cette marque à ma communauté, mais en fait cette marque, moi, je ne l’aime pas vraiment… Ce sont des exemples pour vous donner une idée du type de conflits internes. C’est toute la question de l’authenticité et d’être en phase avec ses propres valeurs.

Et malheureusement, surtout les influenceurs arrivés jeunes sur le devant de la scène se retrouvent complètement déconnectés de ce qui fait sens au fond d’eux. La base. L’humain. Les choses simples. Et le retour du boomerang fait mal, les burn-out, dépressions, angoisses sont fréquentes. Il faut dire que le rythme est aussi très soutenu. Et même si cette profession est plutôt classée dans la catégorie des métiers « cool », et que certains diront « qu’ils ne sont pas à plaindre », « qu’ils ont la vie belle », qu’ils sont très gâtés par les marques, etc, je dirai que oui, c’est vrai, et heureusement, certains le vive très bien, mais que beaucoup d’autres (en cachette et en silence) le vivent très mal. C’est parfois dramatique. Surtout dans ce métier, on ne dit pas quand ça va mal, cela pourrait nuire à notre image et on pourrait perdre des marques ou des followers. Alors on souffre en silence, et on s’isole. 

C’est tout de même incroyable comment ce métier de « connexion » génère rapidement l’isolement versus la multiplication des interactions virtuelles faites à longueur de journée.

J’ai donc fait ce constat sur le terrain si je puis dire. J’ai aussi recueilli des confidences et constaté ce mal-être (trop) souvent sous-jacent. La sophrologie permet réellement de débloquer tout ça, alors j’ai créé un programme sur-mesure qui répond spécifiquement à ces problématiques rencontrées par les influenceurs. Ce programme s’appelle « Se reconnecter à soi-même pour mieux être connecté aux autres », car avant tout c’est soi qui compte. Si je vais bien, je rayonne ensuite autour.

Je mets les influenceurs en « pause », je les amène à se recentrer sur eux-mêmes, à être à l’écoute de leurs propres besoins. On ressent le corps et ses sensations, on se reconnecte à ses valeurs profondes, on lâche prise, on fait abstraction du reste, et on se recharge énergétiquement. On apprend à respirer et à mieux faire circuler l’air dans notre corps. Une vraie bouffé d’oxygène! Je propose souvent des rendez-vous au Bois de Vincennes par exemple. On apprend aussi à se distinguer soi-même de notre « avatar » digital, celui qui poste tout ce qu’on poste sur nos réseaux sociaux. On se rend compte qu’il y a toujours un décalage entre soi et l’autre soi, même s’il est pour certain infime et bien vécu.

Mon accompagnement auprès des influenceurs leur permet de se reconnecter pleinement à eux-mêmes, à se sentir davantage aligné avec qui on veut vraiment être, pour leur permettre ensuite de pouvoir faire les bons choix (partenariats, marques, agences, ….).

Quels sont les problèmes auxquels ils font face?

Je crois y avoir déjà pas mal répondu plus haut. Pour résumer:

Perte de sens, perte de repères, perte d’identité, mal-être, stress, angoisses. Frontières floues, voire inexistantes, entre vie privée et vie professionnelle. Ultra disponibilité et ultra réactivité exigées. Sentiment d’isolement vs Multiplication des interactions virtuelles. Sur-sollicitation (de vos followers, des marques, des agences de communication…). Relations avec ses communautés (on est adoré, puis détesté par d’autres, on se prend des compliments et aussi des vagues d’insultes…).

Tous! Je ne choisis pas, c’est eux qui me choisissent. Peu importe la taille de leurs communautés, leur notoriété, je m’en fiche profondément. Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’humain et je considère avec la même bienveillance toutes personnes qui frappent à ma porte qu’elle soit très connue ou non. Je travaille évidemment dans une confidentialité totale, aucun influenceur ne sait quel autre j’accompagne. Certains viennent me rencontrer, car un autre influencer leur à parler de moi, mais c’est assez rare, en général il ne partage pas trop cela, question d’image et d’e-reputation j’imagine… bien qu’à mon sens, dire quand ça va mal et assumer de traverser cette étape de vie, ça rend plus fort, plus humble et ça ne serait pas pour déplaire à sa communauté de followers. 

Il s’agit principalement d’Instragrameurs et de YouTubeurs, mais aussi pas mal de blogueurs. Majoritairement des univers beauté, mode, food et lifestyle.

Chez les plus jeunes influenceurs, les dégâts sont très visibles. Ils ont été propulsés là avant même d’avoir atteint une certaine maturité émotionnelle. Leur vie s’est construite autour de likes, ils ne distinguent pas bien le réel du virtuel, et cela crée des problèmes mentaux et de construction identitaire.

Ce que je retrouve chez tous: le dilemme de la vie fantasmée!

De la même manière qu’avec n’importe quelle autre personne, car ce sont des personnes comme les autres.

Lors de notre 1ère rencontre, nous restons 1h30 ensemble, on échange, on parle, je recueille les éléments utiles à la bonne construction de mon accompagnement. La personne est libre de me dire ce qu’elle veut évoquer ou garder pour elle. On balaye son parcours de vie, les raisons de sa présence, ses motivations à faire bouger les choses et ce à quoi elle a envie d’aboutir; comment elle aimerait être/se sentir d’ici à quelques semaines/mois.

Comme je fais entièrement du sur-mesure, chaque programme est propre à chaque personne. Mon accompagnement peut durer 2 mois, comme 6 ou plus. Nous le décidons ensemble; je n’impose rien. En fonction du besoin exprimé, nous pouvons nous voir toutes les semaines ou 2 semaines, certaines séances peuvent aussi être espacées de 3 semaines.

Les séances durent 1h ou 2h. Elles se déroulent soit à mon cabinet, soit chez la personne, soit à l’extérieur (en plein air, dans un restaurant, à la piscine…). Je propose des choses en fonction de ce qui me semble pertinent par rapport à la situation, nous en discutons et la personne choisit.

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Pour prendre rendez-vous: soit par téléphone 06 83 26 40 24, soit par mail sophrologie@delphinepilcher.com.

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