Influence marketing. Il y a 10 ans, partager le quotidien de son animal de compagnie sur les réseaux sociaux était un simple loisir. En 2026, l’agence YLG estime qu’il existe environ 10.000 comptes de pet influenceurs en France, dont une vingtaine de créateurs qui arrivent à en vivre. En France, 61% des Français possèdent au moins un animal de compagnie, alors ils sont nombreux à s’identifier aux profils des pet influenceurs qui deviennent de véritables ambassadeurs et porte-paroles.
De leur côté, les marques s’intéressent de plus en plus à cette niche, bien au-delà du simple placement de produit pour des croquettes. May Chan-Koung, cofondatrice de l’agence YLG, spécialisée dans l’univers des animaux de compagnie et créatrice du compte Malcolm The Akita explique au site Les Gens d’Internet, comment les marques collaborent avec des animaux en 2026.
Les pet influenceurs séduisent les marques grâce à leur proximité avec leur communauté
« On est sur un phénomène sociétal, les animaux sont les nouveaux enfants des Français », résume May Chan-Koung. Quand elle lance le compte de son chien Malcolm The Akita sur Instagram en 2016, c’est surtout pour qu’il ait un espace dédié. May Chan-Koung est l’une des premières pet influenceuse a émerger sur les réseaux sociaux et à réussir à en vivre dès 2020, grâce à de l’ambassadorat et des collaborations sur le long terme. Son travail a changé de dimension lorsqu’elle a décidé d’apparaître sur les contenus avec son chien et a attiré l’attention de nouvelles marques. « Ce qu’on aime voir, c’est la relation entre l’animal et son maître », explique-t-elle.
Quand une marque fait appel à un animal pour ses campagnes, elle est surtout à la recherche d’authenticité. « C’est le côté émotionnel et naturel qui les attire », explique May Chan-Koung. Celles généralistes cherchent à humaniser leur image, et celles plus spécialisées ont un objectif de notoriété et de rajeunissement de leur clientèle. L’autre avantage de cette niche, c’est la qualification de l’audience. « Quand on suit un compte animalier c’est qu’on a la même race, le même style d’animal ou que c’est ce qu’on veut avoir », précise la cofondatrice de l’agence YLG.
La pet influence est majoritairement composée de nano et de micro influenceurs, avec des communautés engagées. L’engagement serait souvent doublé sur une collaboration, selon l’agence. Une étude de HypeAuditor va dans le même sens. Ce type de créateurs affiche un engagement supérieur à la moyenne dans le monde. Les collaborations ne concernent plus uniquement les marques spécialisées. Les annonceurs généralistes adaptent leurs campagnes pour y intégrer des animaux. C’est notamment le cas de Mini Cooper qui a organisé un voyage presse avec Rio and Co et Sony a collaboré avec Malcolm the Akita pendant des années avec leurs appareils photos.
Les défis à relever pour la pet influence
De son côté, l’agence YLG travaille avec plus de 70 clients et mobilise plus de 2000 pet influenceurs chaque année. Mais, l’un des plus gros freins du secteur sont les budgets. « Ce qui manque, ce sont les budgets de communication pour faire des projets plus ambitieux, mais ça commence à arriver », décrit May Chan-Koung. Côté création, les marques n’ont pas toutes la même marge de manœuvre, surtout en ce qui concerne les produits de soin. « On ne peut pas laisser la roue libre aux influenceurs sur certains sujets », affirme la co-fondatrice de l’agence. Le bien-être de l’animal reste la condition de départ: « il faut respecter son animal », précise May Chan-Koung.
Pour l’agence YLG, une chose est sûre, le secteur va continuer de se développer grâce à l’arrivée de nouveaux profils et de l’intérêt des marques. « Ce qui fait la force de la pet influence, c’est qu’elle est née d’une passion, pas d’un business plan », rappelle May Chan-Koung.
Images ©May Chan-Koung

